{"id":29,"date":"2022-05-23T15:00:15","date_gmt":"2022-05-23T13:00:15","guid":{"rendered":"http:\/\/jclebrun.eu\/blog\/?page_id=29"},"modified":"2026-06-02T10:27:05","modified_gmt":"2026-06-02T08:27:05","slug":"actualites","status":"publish","type":"page","link":"http:\/\/jclebrun.eu\/blog\/actualites\/","title":{"rendered":"Actualit\u00e9s"},"content":{"rendered":"\n<h5 class=\"wp-block-heading\">02\/06\/2026<\/h5>\n\n\n\n<h6 class=\"wp-block-heading\"><strong><a href=\"https:\/\/jclebrun.eu\/blog\/2026\/05\/30\/guillaume-viry-laureat-du-prix-du-roman-sciences-po-2025\/\">Guillaume Viry laur\u00e9at du Prix du roman Sciences Po 2026<\/a><\/strong><\/h6>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\"><a href=\"https:\/\/jclebrun.eu\/blog\/2026\/01\/27\/guillaume-viry-2\/\">Guillaume VIRY &#8211; Blog de Jean-Claude Lebrun<\/a><\/h5>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">__________________________________________<\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">01\/06\/2026<\/h5>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\"><a href=\"http:\/\/jclebrun.eu\/blog\/2026\/01\/20\/pauline-peyrade-2\/\">Pauline Peyrade Prix du Livre Inter 2026<\/a><\/h5>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">___________________________________________<\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">05\/06\/2025<\/h5>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\"><a href=\"https:\/\/jclebrun.eu\/blog\/2025\/06\/10\/merci-jean-rouaud\/\">D\u00e9claration de Jean Rouaud sur Facebook<\/a><\/h5>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">___________________________________________<\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">18\/07\/2024<\/h5>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">Disparition de Beno\u00eet Duteurtre<\/h5>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">Le souriant pol\u00e9miste nous quitte pr\u00e9matur\u00e9ment, \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 64 ans.Je n&rsquo;oublierai pas qu&rsquo;il fit ses d\u00e9buts sous ma houlette, en 1986, au sein d&rsquo;une \u00e9quipe de jeunes critiques talentueux dans les colonnes de \u00ab\u00a0R\u00e9volution.\u00a0\u00bb Outre Beno\u00eet Duteurtre, il y avait l\u00e0 Guillaume Ch\u00e9rel, St\u00e9phane Koechlin, Virginie Gatti, Herv\u00e9 Delouche, Achmy Halley et Manuel Joseph.<\/h5>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">En hommage, quatre de mes chroniques (<a href=\"https:\/\/jclebrun.eu\/blog\/2024\/07\/18\/benoit-duteurtre\/\">cliquer sur le lien<\/a>)<\/h5>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">___________________________________________<\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">18\/05\/2024<\/h5>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">Disparition le 18 mai 2024, \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 92 ans, de Claude Pujade-Renaud. En hommage \u00e0 cette sensible et subtile autrice, quelques chroniques au fil du temps. Les oeuvres ici cit\u00e9es ont \u00e9t\u00e9 publi\u00e9es par les \u00e9ditions Actes Sud     <\/h5>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">                      _________________<\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">\u00ab\u00a0Le D\u00e9sert de la gr\u00e2ce\u00a0\u00bb (2007)<\/h5>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading has-text-align-center\">Les r\u00e9sistants de Port-Royal<\/h5>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Claude Pujade-Renaud sait comme nulle autre s\u2019installer au vif de l\u2019Histoire, toujours en des lieux et des temps o\u00f9 celle-ci entre en r\u00e9sonance avec de grands textes ou de hautes figures du mythe. Ainsi l\u2019Antiquit\u00e9 grecque et latine, les XVII\u00e8me et XIX\u00e8me si\u00e8cles. Ses r\u00e9cits s\u2019engagent sur les chemins disjoints de la connaissance, reconstituant des itin\u00e9raires, ouvrant de nouvelles pistes. Rien d\u2019\u00e9tonnant qu\u2019elle aborde aujourd\u2019hui l\u2019affaire de Port-Royal, dans un vibrant roman de la dissonance intellectuelle et id\u00e9ologique. L\u2019on y retrouve son exceptionnelle puissance d\u2019\u00e9vocation, mais \u00e9galement sa fa\u00e7on particuli\u00e8re de fouiller le pass\u00e9. En m\u00eame temps scrupuleusement respectueuse de la r\u00e9alit\u00e9 historique et porteuse des \u00e9clairages de la modernit\u00e9.<\/h5>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Voici donc ces \u00ab&nbsp;Solitaires&nbsp;\u00bb mur\u00e9s dans leur discipline et leurs hautaines certitudes, en rupture affich\u00e9e avec la r\u00e8gle papale et le si\u00e8cle de Louis XIV. Mais au fond d\u2019eux-m\u00eames habit\u00e9s de douleurs et de drames, aux prises avec les \u00e9ternelles histoires humaines. Pour tenir le r\u00e9cit de leur aventure, plusieurs voix ici alternent. Remontant le temps et retra\u00e7ant l\u2019histoire tourment\u00e9e du monast\u00e8re. En janvier 1712, un m\u00e9decin de la cour qui chasse en vall\u00e9e de Chevreuse se trouve \u00eatre le t\u00e9moin d\u2019une sc\u00e8ne macabre&nbsp;: d\u2019un cimeti\u00e8re pr\u00e8s de b\u00e2timents en ruine, on exhume des restes que l\u2019on entasse sur des charrettes pour aller les disperser ailleurs&nbsp;; des chiens s\u2019arrachent ce qui se d\u00e9verse pendant le transport. Ainsi s\u2019ach\u00e8ve, de l\u2019abjecte mani\u00e8re voulue par le monarque et ses conseillers j\u00e9suites, une dissidence commenc\u00e9e un si\u00e8cle auparavant. Dans les semaines qui avaient pr\u00e9c\u00e9d\u00e9, un convoi plus digne avait transf\u00e9r\u00e9 de Port-Royal \u00e0 Paris le cercueil de Jean Racine, enterr\u00e9 l\u00e0 depuis douze ans. Pour \u00e9radiquer la pens\u00e9e jans\u00e9niste, il convenait d\u2019abord d\u2019en effacer les symboles et les derni\u00e8res traces visibles. Claude Pujade-Renaud recompose cette histoire. Fait se croiser et se r\u00e9pondre des paroles d\u2019hommes et surtout de femmes qui en furent les acteurs, les proches, les adversaires. La fiction vient ici en soutien, tendant ses fils au-dessus d\u2019une multitude de vides. Les creux se remplissent. Les blancs se chargent d\u2019une extraordinaire mati\u00e8re vivante&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Si l\u2019imaginaire ne s\u2019en m\u00eale pas les manuscrits cesseront de nous parler et mourront \u00e0 leur tour<\/em>.&nbsp;\u00bb<\/h5>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Ces voix, lanc\u00e9es dans un vaste travail de rem\u00e9moration, \u00e9voquent aussi les temps pr\u00e9sents, racontent au jour le jour la r\u00e9sistance prenant forme pour la survivance d\u2019une pens\u00e9e diff\u00e9rente. Entre l\u2019expulsion des derni\u00e8res religieuses, en octobre 1709, et la mort de Louis XIV, en septembre 1715, une intense activit\u00e9 clandestine organise la conservation et la transmission de l\u2019h\u00e9ritage des Solitaires. Deux figures \u00e9mergent ici, superbement camp\u00e9es par l\u2019auteur : Fran\u00e7oise de Joncoux, la grande animatrice, qui secr\u00e8tement collige et fait imprimer les textes majeurs du jans\u00e9nisme, notamment ceux de Pascal, et Marie-Catherine Racine, qui d\u00e9couvre dans l\u2019\u0153uvre de son p\u00e8re des \u00e9chos et des clefs de son propre roman familial et enfin comprend ce qui, de tout cela, a pu r\u00e9sonner et laisser trace en son corps et son \u00e2me. Dans des pages remarquables d\u2019intelligence et de subtilit\u00e9, Claude Pujade-Renaud manifeste une nouvelle fois ce talent hors pair, par lequel elle parvient \u00e0 relier les textes \u00e0 la vie, le dit au non-dit, le conscient \u00e0 l\u2019inconscient, le langage d\u2019aujourd\u2019hui aux mythes d\u2019hier. Si elle \u00e9crit le roman de Port-Royal, lieu de parole et de pens\u00e9e h\u00e9t\u00e9rodoxes face \u00e0 la mise en sc\u00e8ne du pouvoir absolu, elle s\u2019attache plus encore aux personnages auxquels elle pr\u00eate voix. Ces femmes, vou\u00e9es \u00e0 l\u2019alternative de la soumission ou de l\u2019exaltation, qui voulurent signifier leur refus du double enfermement, en se retirant dans ce lieu d\u2019ostensible modestie mais d\u2019authentique richesse de l\u2019\u00e9change.<\/h5>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Face au pouvoir temporel se dresse leur exigence intellectuelle et spirituelle. Nouant le pr\u00e9sent au pass\u00e9, jusqu\u2019aux grands r\u00e9cits antiques. Et leur faisant pressentir les choses singuli\u00e8res qui se jouent au fond d\u2019elles-m\u00eames. Port-Royal, \u00e9voqu\u00e9 ici comme rarement auparavant, pourrait alors tenir lieu de m\u00e9taphore, pour notre \u00e9poque de spectacle et de nouvel absolutisme.<\/h5>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">                          ____________<\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading has-text-align-center\">        \u00ab\u00a0Les Femmes du braconnier\u00a0\u00bb (2010)<\/h5>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading has-text-align-center\"><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L<\/strong>es textes ne meurent pas<\/h5>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">C\u2019est une composition romanesque particuli\u00e8rement remarquable, et foisonnante de sens, que nous propose Claude Pujade-Renaud. Ainsi qu\u2019\u00e0 l\u2019accoutum\u00e9e, elle ente une fiction sur une histoire vraie dont elle s\u2019attache \u00e0 d\u00e9nouer la trame complexe. Faisant parler des silences, d\u00e9busquant des rapports souterrains, d\u00e9masquant ce qui voudrait se donner pour insignifiant. Donnant en somme \u00e0 lire un ordre sous les apparences du chaos. Apr\u00e8s s\u2019\u00eatre install\u00e9e dans la Gr\u00e8ce antique, l\u2019Espagne de Philippe V ou encore la France du jans\u00e9nisme, elle s\u2019attache aux destins m\u00eal\u00e9s de deux \u00e9crivains de la seconde moiti\u00e9 du 20<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle en Angleterre, Sylvia Plath (1932-1963) et Ted Hughes (1930-1998).<\/h5>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">Elle travaille en l\u2019esp\u00e8ce un \u00e9pais mat\u00e9riau biographique et bibliographique&nbsp;: leurs trajectoires mouvement\u00e9es s\u2019\u00e9taient rejointes en 1956, pour quelques ann\u00e9es fusionnelles, dans la vie de couple et dans l\u2019\u00e9criture, avant de diverger et d\u2019aboutir au suicide de Sylvia en f\u00e9vrier 1963. Avec l\u2019art raffin\u00e9 qu\u2019on lui conna\u00eet, elle restitue des lieux, des atmosph\u00e8res, des paysages. Cambridge o\u00f9 Sylvia rencontre Ted, Londres o\u00f9 ils se marient, le Devon o\u00f9 ils vivent une idylle champ\u00eatre avec les deux enfants n\u00e9s de leur union. Mais aussi la r\u00e9gion de Boston, o\u00f9 s\u2019\u00e9taient \u00e9tablis les parents de Sylvia, Otto, l\u2019Allemand de Dantzig, et Aurelia, l\u2019Am\u00e9ricaine fille de Viennois. Mais encore Paris, l\u2019Espagne, le Canada, la Birmanie. Autour des deux \u00e9crivains gravite une superbe constellation de personnages, r\u00e9els ou fictifs, dont les histoires avaient crois\u00e9 les leurs. Leurs r\u00e9cits peu \u00e0 peu compl\u00e8tent et \u00e9clairent le monologue int\u00e9rieur de Sylvia, qui tient lieu de fil rouge.<\/h5>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">On entre ainsi dans les profondeurs de l\u2019intimit\u00e9 et dans le vif de la cr\u00e9ation. On observe la relation ambigu\u00eb des \u0153uvres avec la vie&nbsp;: un m\u00e9lange de total \u00e9loignement et d\u2019imm\u00e9diate proximit\u00e9. On d\u00e9piste les cheminements secrets entre deux \u00e9critures, qui en m\u00eame temps se respectent et se toisent. Impossible de ne pas voir affleurer l\u00e0 une part du v\u00e9cu personnel de l\u2019auteur, le long cheminement partag\u00e9 avec le d\u00e9funt Daniel Zimmermann. Elle donne \u00e0 tout cela une formidable tangibilit\u00e9, fait passer la chaleur de la vie, y compris ses trag\u00e9dies, dans ce qui appartient d\u00e9j\u00e0 \u00e0 l\u2019histoire litt\u00e9raire. Elle n\u2019a pas son pareil pour fa\u00e7onner un alliage de r\u00e9el et d\u2019imaginaire. Pour poser des couleurs, faire respirer des senteurs, rendre sensible la pr\u00e9sence des corps et des objets dans cette sc\u00e9nographie de haut vol. Ni pour remonter les circuits de l\u2019inconscient et faire entendre en ceux-ci les \u00e9chos du monde. Elle \u00e9voque une premi\u00e8re tentative de suicide de Sylvia, en 1953, toujours pas remise du vide laiss\u00e9 par son p\u00e8re, disparu treize ans plus t\u00f4t. Pas davantage quitte de ce qu\u2019elle avait cru d\u00e9duire de son origine allemande. Rien n\u2019est ici affirm\u00e9, mais la force de suggestion prend les contours de l\u2019\u00e9vidence. Une histoire redoubl\u00e9e par la rencontre avec la po\u00e9tesse Assia Wevill (1927-1969), n\u00e9e Gutmann, qui avait fui l\u2019Allemagne nazie et s\u2019\u00e9tait finalement suicid\u00e9e comme Sylvia, par le gaz. Qui \u00e9tait aussi devenue la ma\u00eetresse de Ted Hughes, avait eu un enfant avec lui. Car rien n\u2019est ici jamais univoque. Dans l\u2019intime viennent \u00e0 la fois cogner et se r\u00e9pondre le vacarme du monde et les chocs silencieux de la vie. Chacun \u00e0 sa mani\u00e8re, Sylvia et Ted les saisirent dans leur \u00e9criture. Comme aujourd\u2019hui Claude Pujade-Renaud.<\/h5>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">                          _____________<\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading has-text-align-center\">\u00ab\u00a0Tout dort paisiblement sauf l&rsquo;amour\u00a0\u00bb (2016)<\/h5>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading has-text-align-center\">Pr\u00e9lude danois<\/h5>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">La romanci\u00e8re arpente les territoires peu fr\u00e9quent\u00e9s qui se laissent d\u00e9couvrir dans l\u2019ombre de grandes figures des lettres et de l\u2019histoire. Dans de nombreux livres, elle s\u2019attache en effet aux destin\u00e9es de personnages souvent ignor\u00e9s par la post\u00e9rit\u00e9, qui ont enrichi de leur pr\u00e9sence le regard et la r\u00e9flexion d\u2019un contemporain illustre. Leur restituant, contre un oubli injuste, la part qui leur revient. Ainsi aujourd\u2019hui R\u00e9gine Olsen, que Soren Kierkegaard (1813-1855) avait d\u00e9sign\u00e9e comme son h\u00e9riti\u00e8re. Qui fut aussi l\u2019unique amour de sa vie. Ils avaient \u00e9t\u00e9 bri\u00e8vement fianc\u00e9s, jusqu\u2019\u00e0 la rupture soudainement d\u00e9cid\u00e9e par lui en 1840. La jeune femme \u00e9conduite avait dix-huit ans.<\/h5>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">En ce d\u00e9but de d\u00e9cembre 1855, suffoquant \u00ab&nbsp;<em>dans la chaleur humide et cette exub\u00e9rance de la v\u00e9g\u00e9tation<\/em>&nbsp;\u00bb sur Sainte-Croix, dans les Antilles danoises dont son \u00e9poux Frederik vient d\u2019\u00eatre nomm\u00e9 gouverneur, elle se souvient&nbsp;: le bateau de Copenhague vient d\u2019apporter le journal avec l\u2019annonce du d\u00e9c\u00e8s de Kierkegaard le 11 du mois pr\u00e9c\u00e9dent. Claude Pujade-Renaud trace les premiers traits de l\u2019un de ces portraits admirables dont elle a le secret. Pour elle, une mani\u00e8re d\u2019hommage \u00e0 celle que le penseur, tout pr\u00e8s d\u2019\u00e9crire ses premiers livres, avait \u00e9loign\u00e9e de cavali\u00e8re fa\u00e7on. Mais aussi, du m\u00eame mouvement, une saisissante approche de ce protestant pr\u00e9curseur de l\u2019existentialisme, mais si manifestement inapte au bonheur, peut-\u00eatre m\u00eame \u00e0 la vie. La documentation, pr\u00e9cise et approfondie, alimente une narration \u00e0 plusieurs voix qui fait ressortir la singularit\u00e9 de cette figure complexe, entre l\u2019enfermement dans les convenances de l\u2019\u00e9poque et la pouss\u00e9e irr\u00e9sistible de la cr\u00e9ation et de la r\u00e9flexion, fond\u00e9e sur la notion de \u00ab&nbsp;reprise&nbsp;\u00bb. L\u2019on voit R\u00e9gine, revenue en 1860 \u00e0 Copenhague o\u00f9 son mari se trouve plus tard \u00e9lu maire, s\u2019immerger dans l\u2019\u0153uvre et s\u2019attacher \u00e0 en d\u00e9m\u00ealer les fils cach\u00e9s. C\u2019est \u00e0 la confrontation avec un parcours intellectuel et humain, un temps aussi, qu\u2019invite la romanci\u00e8re. Eclairant une destin\u00e9e et les sources multiples d\u2019une pens\u00e9e. Le r\u00e9cit s\u2019avance ainsi, sur un demi-si\u00e8cle, jusqu\u2019\u00e0 la disparition de R\u00e9gine en 1904. A Paris s\u2019appr\u00eate \u00e0 surgir une \u0153uvre en r\u00e9sonance avec la \u00ab&nbsp;reprise&nbsp;\u00bb kierkegaardienne, \u00ab&nbsp;<em>incessante, t\u00e2tonnante et sinueuse r\u00e9\u00e9laboration dans l\u2019\u00e9criture de ce qui fut v\u00e9cu, et le plus souvent manqu\u00e9, perdu <\/em>\u00bb. Cette lecture de haute port\u00e9e donne non seulement \u00e0 voir et penser&nbsp;: elle appelle \u00e0 relier. &nbsp;<\/h5>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">___________________________________________<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">14\/04\/2024 <\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\"><strong>Dissolution de l&rsquo;Association des amis de Jorge Semprun<\/strong><\/h4>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">Une bien triste nouvelle  : Laurent Bonsang, secr\u00e9taire de l&rsquo;Association annonce sa dissolution officielle, faute de b\u00e9n\u00e9voles pour l&rsquo;animer et malgr\u00e9 sa forte activit\u00e9 (conf\u00e9rences, films&#8230;)<\/h5>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">Un grand dommage pour la m\u00e9moire du grand \u00e9crivain espagnol.<\/h5>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">04\/10\/2023<\/h5>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\"><strong>Profond\u00e9ment touch\u00e9 par ces trois pages de \u00ab\u00a0<em><a href=\"http:\/\/jclebrun.eu\/blog\/2023\/10\/04\/jean-rouaud-2\/\">Com\u00e9die d&rsquo;automne<\/a><\/em>.\u00a0\u00bb Merci Jean Rouaud !<\/strong><\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">___________________________________________<\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">07\/09\/2023<\/h5>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\"><strong>Pourquoi retraduire ? une r\u00e9flexion de la germaniste Fran\u00e7oise Wuilmart \u00e0 propose du \u00ab\u00a0Marie Antoinette\u00a0\u00bb de Stefan Zweig, \u00e0 para\u00eetre chez Bouquins dans une <a href=\"http:\/\/jclebrun.eu\/blog\/2023\/09\/07\/francoise-wuilmart\/\">nouvelle traduction<\/a><\/strong><\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">___________________________________________<\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">20\/06\/2023<\/h5>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Le style est-il de droite ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">R\u00e9ponse \u00e0 l&rsquo;enqu\u00eate du site litt\u00e9raire  <strong><a href=\"https:\/\/www.revue-secousse.fr\/Secousse-26\/Enquete\/Sks26-Lebrun-Enquete.pdf\">\u00ab\u00a0SECOUSSE\u00a0\u00bb<\/a> <\/strong><\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">___________________________________________<\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">05\/06\/2023<\/h5>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\"><strong>Mathieu Belezi, prix du Livre Inter 2023<\/strong><\/h4>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Un grand prix pour un grand livre<\/h4>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Voir sur ce blog l&rsquo;article du 5 novembre 2022<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"http:\/\/jclebrun.eu\/blog\/2022\/11\/04\/mathieu-belezi\/\">Mathieu Belezi<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">___________________________________________<\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">27\/05\/2023<\/h5>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Une r\u00e9flexion \u00e0 la fois \u00e9clairante et caustique sur la traduction comme cr\u00e9ation, par Paul Fournel : <em>Traduire est \u00e9crire<\/em> (Biblioth\u00e8que oulipienne, n\u00b0 240)<\/h4>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image aligncenter size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"608\" height=\"1024\" src=\"http:\/\/jclebrun.eu\/blog\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/PAUL-608x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1235\" style=\"width:456px;height:768px\" srcset=\"http:\/\/jclebrun.eu\/blog\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/PAUL-608x1024.jpg 608w, http:\/\/jclebrun.eu\/blog\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/PAUL-178x300.jpg 178w, http:\/\/jclebrun.eu\/blog\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/PAUL.jpg 697w\" sizes=\"auto, (max-width: 608px) 100vw, 608px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">___________________________________________<\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">10\/05\/2023<\/h5>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">\u00ab\u00a0<strong>Le troisi\u00e8me sexe<\/strong>\u00ab\u00a0, nouveau billet caustique et imaginatif de <strong>Fran\u00e7oise Wuilmart<\/strong> sur le statut du traducteur. <\/h4>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">A lire sur le site de <a href=\"https:\/\/atlf.org\/le-troisieme-sexe\/\">L&rsquo;Association des traducteurs litt\u00e9raires de France<\/a><\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">__________________________________________<\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">30\/04\/2023<\/h5>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Association des amis de Jorge Semprun<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"http:\/\/jclebrun.eu\/blog\/2023\/04\/17\/jorge-semprun\/\">Dimanche 30 avril journ\u00e9e nationale du souvenir de la d\u00e9portation et centenaire de la naissance de Jorge Semprun<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">__________________________________________<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\"><strong>Quand <a href=\"http:\/\/jclebrun.eu\/blog\/2023\/03\/27\/jean-rouaud\/\">Jean Rouaud<\/a> remet le travail dans sa (juste) perspective<\/strong><\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">__________________________________________<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading has-text-align-center\"><strong>Quand \u00ab\u00a0l&rsquo;id\u00e9al traductif rejoint l&rsquo;id\u00e9al po\u00e9tique\u00a0\u00bb :<\/strong><\/h4>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Le nouveau billet de Fran\u00e7oise Wuilmart sur le site de <a href=\"https:\/\/atlf.org\/donner-un-sens-plus-pur-aux-mots-de-la-tribu\/\">l&rsquo;Association des Traducteurs Litt\u00e9raires de France<\/a><\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">___________________________________________<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Association des amis de Jorge Semprun<\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading has-text-align-center\">Une rencontre \u00e0 ne pas manquer<\/h5>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"637\" height=\"365\" src=\"http:\/\/jclebrun.eu\/blog\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/PECH2.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-975\" srcset=\"http:\/\/jclebrun.eu\/blog\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/PECH2.jpg 637w, http:\/\/jclebrun.eu\/blog\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/PECH2-300x172.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 637px) 100vw, 637px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">___________________________________________<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>2022 &#8211; 2023<\/strong><\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\"><strong><em>Territoires romanesques 2022<\/em><\/strong><strong>, cr\u00e9\u00e9 le 30 juin dernier, compte chaque jour un nombre croissant de visiteurs. Qu\u2019ils soient remerci\u00e9s de leur attention et, pour nombre d\u2019entre eux, de leur fid\u00e9lit\u00e9 \u00e0 un travail critique contraint de quitter le support papier d\u2019un quotidien pour la Toile.<\/strong><\/h4>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\"><strong>Ce blog se transforme aujourd\u2019hui en <em>Territoires romanesques 2023<\/em>, pour vous faire partager de nouvelles d\u00e9couvertes et de nouveaux plaisirs de lecture. D\u00e8s cette semaine, le premier roman de Pauline Peyrade. Puis Christine Jordis, Marie-H\u00e9l\u00e8ne Lafon, Jean-Fran\u00e7ois Kierzkowski, Philippe Lafitte, Jean-Michel B\u00e9qui\u00e9, Yves Bichet\u2026<\/strong><\/h4>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\"><strong>A tous, une bonne ann\u00e9e 2023&nbsp;!<\/strong><\/h4>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image aligncenter size-full has-custom-border\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"802\" height=\"608\" src=\"http:\/\/jclebrun.eu\/blog\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/MARC.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-877\" style=\"border-style:none;border-width:0px;border-radius:100px\" srcset=\"http:\/\/jclebrun.eu\/blog\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/MARC.jpg 802w, http:\/\/jclebrun.eu\/blog\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/MARC-300x227.jpg 300w, http:\/\/jclebrun.eu\/blog\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/MARC-768x582.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 802px) 100vw, 802px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">___________________________________________<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\"><strong><em>La traduction comme cr\u00e9ation<\/em><\/strong><\/h4>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Sur le m\u00e9tier de traducteur, un vigoureux  article de <strong><em>Fran\u00e7oise Wuilmart<\/em><\/strong>*, A lire sur le blog de l&rsquo;Association des Traducteurs  litt\u00e9raires de France <\/h4>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">ATLF : <a href=\"https:\/\/atlf.org\/actualites\/\">https:\/\/atlf.org\/actualites\/<\/a><\/h4>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">*Traductrice de Ernst Bloch (\u00ab\u00a0<em>Le Principe esp\u00e9rance<\/em>\u00ab\u00a0), Friedrich Christian Dellius, Jean Am\u00e9ry, Stefan Zweig, d'\u00a0\u00bb<em>Une femme \u00e0 Berlin<\/em>\u00ab\u00a0&#8230;<\/h5>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">Professeur de traduction \u00e0 l&rsquo;Institut sup\u00e9rieur de traducteurs et interpr\u00e8tes de Bruxelles (ISTI.<br>Fondatrice et directrice du Centre europ\u00e9en de traduction litt\u00e9raire (CETL) de Bruxelles.<br>Fondatrice et directrice du Coll\u00e8ge europ\u00e9en des traducteurs litt\u00e9raires de Seneffe (CTLS)<\/h5>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">___________________________________________<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\"><strong><em>ANNIE ERNAUX<\/em><\/strong><\/h4>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading has-text-align-center\"><strong>PRIX NOBEL 2022<\/strong><\/h4>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading has-text-align-center\"><strong>Le stade ultime de la reconnaissance<\/strong><\/h4>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">D\u00e8s 1990, dans <strong>\u00ab\u00a0Nouveaux Territoires Romanesques<\/strong>\u00a0\u00bb (Editions Sociales), nous faisions para\u00eetre, avec Claude Pr\u00e9vost, la premi\u00e8re \u00e9tude sur le travail et l&rsquo;\u00e9criture d&rsquo;Annie Ernaux. <\/h4>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"486\" height=\"805\" src=\"http:\/\/jclebrun.eu\/blog\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/ERNAUX1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-475\" srcset=\"http:\/\/jclebrun.eu\/blog\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/ERNAUX1.jpg 486w, http:\/\/jclebrun.eu\/blog\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/ERNAUX1-181x300.jpg 181w\" sizes=\"auto, (max-width: 486px) 100vw, 486px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"535\" height=\"1024\" src=\"http:\/\/jclebrun.eu\/blog\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/ERNAUX2-535x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-476\" srcset=\"http:\/\/jclebrun.eu\/blog\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/ERNAUX2-535x1024.jpg 535w, http:\/\/jclebrun.eu\/blog\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/ERNAUX2-157x300.jpg 157w, http:\/\/jclebrun.eu\/blog\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/ERNAUX2.jpg 689w\" sizes=\"auto, (max-width: 535px) 100vw, 535px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Notre conclusion :<\/h4>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab\u00a0La prose \u00ab\u00a0a-romanesque\u00a0\u00bb d&rsquo;Annie Ernaux ne tourne pas le dos \u00e0 une fonction essentielle du roman, c&rsquo;est-\u00e0-dire \u00e9laborer cette alchimie du social et de l&rsquo;individuel qui donne \u00e0 chaque destin\u00e9e son caract\u00e8re \u00e0 la fois multiple et irr\u00e9ductible et qui op\u00e8re, osons le mot, la r\u00e9conciliation du singulier et de l&rsquo;universel, acquis toujours provisoire, instable et fragile \u00e9quilibre\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">(\u00ab\u00a0Nouveaux Territoires Romanesques\u00a0\u00bb, page 66)<\/h5>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Finalement pas si loin des motivations du jury Nobel<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">___________________________________________<\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading has-text-align-center\">Ma chronique litt\u00e9raire du 31 janvier 2008, sur \u00ab\u00a0Les Ann\u00e9es\u00a0\u00bb<\/h5>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center wp-block-paragraph\"><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Une histoire simple<\/strong><\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Un jour quelqu\u2019un s\u2019\u00e9tait demand\u00e9 ce qu\u2019Annie Ernaux pourrait bien encore \u00e9crire, une fois achev\u00e9e l\u2019investigation de son champ biographique. Ce qui t\u00e9moignait de la m\u00e9sestimation certaine d\u2019un travail que l\u2019\u00e9crivain, \u00e0 la fin d\u2019 \u00ab&nbsp;<strong>Une femme<\/strong>&nbsp;\u00bb, en 1988, situait \u00ab&nbsp;<em>entre la litt\u00e9rature, la sociologie et l\u2019histoire<\/em>&nbsp;\u00bb. Et plus encore r\u00e9v\u00e9lait le malentendu autour de cette \u0153uvre, d\u2019abord identifi\u00e9e comme fictionnelle, avec trois premiers livres pr\u00e9sent\u00e9s sous l\u2019appellation de romans, avant que sa force documentaire ne provoque quelque g\u00eane, puis une \u00e9vidente r\u00e9pulsion. Il n\u2019est qu\u2019\u00e0 se rappeler la r\u00e9ception de \u00ab&nbsp;<strong>Passion simple<\/strong>&nbsp;\u00bb, en 1992. Mais le plus grand p\u00e9ch\u00e9 d\u2019Annie Ernaux n\u2019a-t-il pas toujours \u00e9t\u00e9 son impudeur sociale, cette volont\u00e9 de sans cesse dire d\u2019o\u00f9 elle vient, telle une permanente faute de go\u00fbt&nbsp;?<\/h4>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; A ceux qui n\u2019auraient pas bien saisi encore l\u2019intrication extr\u00eame de l\u2019intime et du social dans ce parcours d\u2019\u00e9criture sans \u00e9quivalent, Annie Ernaux propose aujourd\u2019hui, avec \u00ab&nbsp;<strong>Les ann\u00e9es<\/strong>&nbsp;\u00bb, une lumineuse s\u00e9ance de rep\u00eachage. Et m\u00eame un peu plus. Parce que le recul des ans rend possible la mise en perspective et permet de faire appara\u00eetre la coh\u00e9rence de l\u2019entreprise litt\u00e9raire lanc\u00e9e en 1974. Pour la premi\u00e8re fois, celle qui \u00e9crit op\u00e8re en effet une mise \u00e0 distance avec la petite fille d\u2019Yvetot, l\u2019\u00e9tudiante de la cit\u00e9 universitaire, la femme professeur mari\u00e9e d\u2019Annecy, la c\u00e9libataire lib\u00e9r\u00e9e de Cergy. De celles qu\u2019elle fut successivement, elle parle d\u00e9sormais \u00e0 la troisi\u00e8me personne. Comme si elle avait acc\u00e9d\u00e9 \u00e0 ce degr\u00e9 de souverainet\u00e9 dans la vision, qui sous les d\u00e9sordres du v\u00e9cu distingue la direction g\u00e9n\u00e9rale d\u2019un itin\u00e9raire, lui-m\u00eame inscrit dans un plus vaste ensemble qui lui donne sens. \u00ab&nbsp;<em>Nous n\u2019avons que notre histoire et elle n\u2019est pas \u00e0 nous<\/em>&nbsp;\u00bb pr\u00e9vient une r\u00e9flexion de Jos\u00e9&nbsp; Ortega Y Gasset plac\u00e9e en \u00e9pigraphe. A quoi vient s\u2019ajouter une citation d\u2019Anton Tchekhov sugg\u00e9rant l\u2019autre profondeur de ce texte majeur&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Il se peut aussi que cette vie d\u2019aujourd\u2019hui dont nous prenons notre parti, soit un jour consid\u00e9r\u00e9e comme \u00e9trange, inconfortable, sans intelligence, insuffisamment pure et, qui sait, m\u00eame, coupable<\/em>&nbsp;\u00bb. Le principe de la d\u00e9marche d\u2019\u00e9criture se trouve d\u2019embl\u00e9e exactement \u00e9nonc\u00e9.<\/h4>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Des images alors tant\u00f4t remontent de recoins d\u00e9j\u00e0 visit\u00e9s de la m\u00e9moire, tant\u00f4t s\u2019offrent au regard, sous la forme de photos prises \u00e0 divers moments de cette vie. Indissociables d\u2019autres images, de souvenirs sonores, de lectures, qui en constituent la toile de fond. Il y a le clich\u00e9 obligatoire du b\u00e9b\u00e9 d\u2019un an, \u00e0 demi nu sur un coussin. Celui de la fillette de quatre ans qui prend la pose chez le photographe. D\u2019autres qui montrent les parents, les condisciples, le mari, les fils. D\u00e9clenchant \u00e0 chaque fois, non pas des vagues de souvenirs, mais un inlassable travail de mise en situation, de connexion entre le monde intime et domestique et l\u2019univers du dehors. R\u00e9unions de famille o\u00f9 passe encore la grande peur de la Seconde guerre mondiale. Echos des guerres coloniales. Premi\u00e8res hontes de la bonne \u00e9l\u00e8ve d\u00e9couvrant le sentiment d\u2019inf\u00e9riorit\u00e9 de classe. Puis la suite, que l\u2019on conna\u00eet des pr\u00e9c\u00e9dents livres, illustration sans \u00e9gale d\u2019une ascension sociale pendant les Trente glorieuses, avec son cort\u00e8ge m\u00eal\u00e9 de refoulement des origines, d\u2019arrogance et de mauvaise conscience. Plus tard l\u2019assumation puis la revendication de cette dualit\u00e9 constitutive. On rencontre \u00e0 nouveau cela dans \u00ab&nbsp;<strong>Les ann\u00e9es<\/strong>&nbsp;\u00bb, mais admirablement \u00e9paissi de tout ce qui, pour Annie Ernaux et de nombreux autres, donne leur couleur \u00e0 ces temps successifs. Si l\u2019ambition romanesque fut t\u00f4t abandonn\u00e9e, elle semble ici prendre sa revanche. Donnant \u00e0 ce texte un statut tout particulier par rapport \u00e0 la tonalit\u00e9 globale de l\u2019\u0153uvre.<\/h4>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Comment ne pas avouer l\u2019\u00e9motion singuli\u00e8re \u00e9prouv\u00e9e \u00e0 sa lecture&nbsp;? Due pour partie \u00e0 la puissance d\u2019\u00e9vocation, qui peut-\u00eatre ne fut jamais aussi flagrante. Mais autant \u00e0 ce que l\u2019on per\u00e7oit d\u2019une m\u00e9ticuleuse insatisfaction de soi-m\u00eame jusque dans le temps pr\u00e9sent. Si Annie Ernaux veut \u00ab&nbsp;<em>sauver quelque chose<\/em>&nbsp;\u00bb d\u2019un pass\u00e9 dont elle accepte d\u00e9sormais les contradictions, c\u2019est en effet avec la conscience renforc\u00e9e de sa propre contingence. Et en cela elle nous touche comme jamais.<\/h4>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>02\/06\/2026 Guillaume Viry laur\u00e9at du Prix du roman Sciences Po 2026 Guillaume VIRY &#8211; Blog de Jean-Claude Lebrun __________________________________________ 01\/06\/2026 Pauline Peyrade Prix du Livre Inter 2026 ___________________________________________ 05\/06\/2025 D\u00e9claration de Jean Rouaud sur Facebook ___________________________________________ 18\/07\/2024 Disparition de Beno\u00eet Duteurtre Le souriant pol\u00e9miste nous quitte pr\u00e9matur\u00e9ment, \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 64 ans.Je n&rsquo;oublierai pas qu&rsquo;il [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":0,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"_eb_attr":"","footnotes":""},"class_list":["post-29","page","type-page","status-publish","hentry"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.7 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>Actualit\u00e9s - Blog de Jean-Claude Lebrun<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/jclebrun.eu\/blog\/actualites\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Actualit\u00e9s - Blog de Jean-Claude Lebrun\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"02\/06\/2026 Guillaume Viry laur\u00e9at du Prix du roman Sciences Po 2026 Guillaume VIRY &#8211; 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