{"id":2329,"date":"2025-04-14T15:38:53","date_gmt":"2025-04-14T13:38:53","guid":{"rendered":"https:\/\/jclebrun.eu\/blog\/?p=2329"},"modified":"2025-04-15T16:19:29","modified_gmt":"2025-04-15T14:19:29","slug":"entretien-avec-jean-echenoz-des-eclairs","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/jclebrun.eu\/blog\/2025\/04\/14\/entretien-avec-jean-echenoz-des-eclairs\/","title":{"rendered":"Entretien avec Jean Echenoz (\u00ab\u00a0Des \u00e9clairs\u00a0\u00bb)"},"content":{"rendered":"\n<h4 class=\"wp-block-heading\"><strong>La parution d\u2019un roman de Jean Echenoz est toujours un \u00e9v\u00e9nement. Le laur\u00e9at du prix Goncourt 1999 s\u2019est affirm\u00e9 depuis longtemps comme l\u2019une des r\u00e9f\u00e9rences essentielles dans le paysage litt\u00e9raire. Il \u00e9voque ici son cheminement et le nouvel \u00e9lan qu\u2019il veut donner \u00e0 son \u00e9criture.<\/strong><\/h4>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Depuis 1979 Jean Echenoz a impos\u00e9 un ton nouveau et une mani\u00e8re de voir in\u00e9dite dans le roman de langue fran\u00e7aise. Il a fait entrer dans ses livres les sons, les images et les fa\u00e7ons de penser de notre temps. Non pas de fa\u00e7on documentaire, mais par des inventions langagi\u00e8res auxquelles on ne conna\u00eet gu\u00e8re de pr\u00e9c\u00e9dents. Il fait partie de la minuscule cohorte des cr\u00e9ateurs qu\u2019on reconna\u00eet imm\u00e9diatement \u00e0 leur style. Nombreux sont ceux qui se sont inscrits dans son sillage. Son dernier livre, \u00ab&nbsp;<strong>Des \u00e9clairs<\/strong>&nbsp;\u00bb, para\u00eet ce jeudi. Un tournant s\u2019y fait sentir, dans sa conception comme dans sa forme. Rencontre avec l\u2019auteur. &nbsp;&nbsp;<\/h4>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">Avec \u00ab&nbsp;Des \u00e9clairs&nbsp;\u00bb, vous mettez le point final \u00e0 une \u00ab&nbsp;suite de trois vies&nbsp;\u00bb. Mais il semble qu\u2019en cours de route vous ayez r\u00e9orient\u00e9 votre projet et modifi\u00e9 le rapport entre la composante purement biographique et la composante fictionnelle. Vous pr\u00e9sentez d\u2019ailleurs ce dernier roman comme une \u00ab&nbsp;fiction sans scrupules biographiques&nbsp;\u00bb<\/h5>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">D\u00e8s \u00ab&nbsp;<strong>Ravel<\/strong>&nbsp;\u00bb, je m\u2019\u00e9tais donn\u00e9 de petites marges de libert\u00e9 qui avaient rendu la mise au point tr\u00e8s difficile. J\u2019avais eu du mal \u00e0 d\u00e9finir la ligne de cr\u00eate entre la fid\u00e9lit\u00e9 biographique tr\u00e8s scrupuleuse, que je voulais tenir, et ces marges que je me donnais. Ce qui fait que l\u2019\u00e9l\u00e9ment de fiction \u00e9tait toujours tr\u00e8s \u00e9tay\u00e9 par des lieux, des personnes\u2026 Il \u00e9tait de l\u2019ordre du plus que vraisemblable. Dans \u00ab&nbsp;<strong>Courir<\/strong>&nbsp;\u00bb, si je restais assez proche aussi de la biographie, j\u2019avais reconstitu\u00e9 un petit peu les choses. Et l\u00e0, pour \u00ab&nbsp;<strong>Des \u00e9clairs<\/strong>&nbsp;\u00bb, je me suis donn\u00e9 d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment plus de libert\u00e9. J\u2019ai eu envie de m\u2019autoriser plus de fiction. C\u2019est une des raisons pour lesquelles j\u2019ai chang\u00e9 le nom du personnage. Cela me mettait mal \u00e0 l\u2019aise de garder le vrai nom de Nikola Tesla et de le mettre dans des situations qui, pour le coup, \u00e9taient r\u00e9ellement fictionnelles. C\u2019est la raison pour laquelle je n\u2019arrive pas \u00e0 penser, comme on me le dit depuis quelque temps, que j\u2019ai \u00e9crit une trilogie. Pour moi, c\u2019est plut\u00f4t une suite. Une trilogie supposerait que les trois livres soient constitu\u00e9s de la m\u00eame fa\u00e7on, alors qu\u2019il y a une \u00e9volution. Je souhaite d\u2019ailleurs maintenant m\u2019arr\u00eater l\u00e0. J\u2019ai \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s attach\u00e9 \u00e0 ce travail sur des vies, mais je pense qu\u2019il faut me promener un peu ailleurs. Sinon &nbsp;\u00e7a deviendrait un proc\u00e9d\u00e9 et, d\u2019une certaine mani\u00e8re, de la r\u00e9p\u00e9tition.&nbsp;<\/h4>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">Votre projet initial de r\u00e9cits de vie, cela ne ressemblait-il pas&nbsp; au cahier des charges que vous vous fixiez, et d\u00e9bordiez \u00e0 chaque fois, dans une premi\u00e8re p\u00e9riode de votre \u00e9criture&nbsp;?<\/h5>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Au commencement, ce n\u2019\u00e9tait pas une entreprise tr\u00e8s concert\u00e9e. Je ne pensais pas que j\u2019allais faire trois livres. Le \u00ab&nbsp;<strong>Ravel<\/strong>&nbsp;\u00bb est un peu n\u00e9 d\u2019un accident industriel&nbsp;: je voulais faire une fiction o\u00f9 interviendrait tr\u00e8s passag\u00e8rement le personnage de Ravel et puis, \u00e0 partir du moment o\u00f9 je me suis int\u00e9ress\u00e9 \u00e0 lui, il a pris toute la place\u2026 Et il a un peu donn\u00e9 lieu au deuxi\u00e8me livre. Parce que j\u2019avais envie de m\u2019aventurer dans un autre domaine, plut\u00f4t inconnu de moi, qui \u00e9tait le sport. Par rebond, j\u2019ai pris en consid\u00e9ration le contexte historique et politique, qui n\u2019\u00e9tait pas pr\u00e9sent dans le \u00ab&nbsp;<strong>Ravel<\/strong>&nbsp;\u00bb, alors que l\u2019entre-deux-guerres est quand m\u00eame politiquement une p\u00e9riode tr\u00e8s riche et tr\u00e8s sombre. Et j\u2019ai eu finalement envie de clore avec un autre type de personnage. J\u2019ai h\u00e9sit\u00e9 et cherch\u00e9 dans des domaines tr\u00e8s vari\u00e9s. Ainsi j\u2019avais trouv\u00e9 un homme politique indien des ann\u00e9es 1940, un contemporain de Gandhi qui avait une dr\u00f4le de conception de la fa\u00e7on de se d\u00e9barrasser des Anglais. Finalement c\u2019est parti vers la science. Je pensais \u00e0 plusieurs personnages. Un ami am\u00e9ricain, mon premier traducteur aux Etats-Unis, m\u2019a parl\u00e9 de Nikola Tesla. Je savais tr\u00e8s vaguement ce qu\u2019il avait fait, puis je me suis aper\u00e7u qu\u2019il avait eu un parcours assez singulier. En m\u00eame temps la documentation sur lui n\u2019\u00e9tait pas \u00e9norme. Il y avait une biographie, que j\u2019ai lue, et des choses annexes qu\u2019on pouvait trouver sur Internet. J\u2019ai alors eu envie d\u2019introduire du roman l\u00e0-dedans.<\/h4>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">Justement, en passant de \u00ab&nbsp;Ravel&nbsp;\u00bb \u00e0 \u00ab&nbsp;Courir&nbsp;\u00bb puis \u00ab&nbsp;Des \u00e9clairs&nbsp;\u00bb, la pr\u00e9sence de celui qui raconte est de plus en plus visible. Il y a une reprise en charge de la narration.<\/h5>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Oui, mais je veux jouer aussi avec les voix suppos\u00e9es de narration. Je ne crois pas trop \u00e0 ce qu\u2019on appelle le discours du narrateur, le discours de l\u2019auteur. J\u2019ai davantage envie de jouer avec les pronoms personnels, avec la diversit\u00e9 des angles. L\u2019histoire de position du narrateur, comme on dit, je trouve \u00e7a toujours un peu univoque et r\u00e9ducteur. Quand le narrateur intervient, je pense que ce n\u2019est pas forc\u00e9ment toujours le m\u00eame. Ce peut \u00eatre moi ou bien un simulacre de moi. Ou un t\u00e9moin. D\u2019o\u00f9 le recours fr\u00e9quent au jeu sur les pronoms personnels. C\u2019est ma vieille lubie&nbsp;: les pronoms personnels utilis\u00e9s comme des cam\u00e9ras. Et puis il y avait une chose pour moi tr\u00e8s intrigante, quand j\u2019ai port\u00e9 mon choix sur ce physicien&nbsp;: alors qu\u2019il est immens\u00e9ment connu aux Etats-Unis et en Europe de l\u2019Est, il est compl\u00e8tement inconnu en Europe occidentale. Il a quand m\u00eame donn\u00e9 son nom \u00e0 une unit\u00e9 physique, je crois que c\u2019est dans l\u2019induction magn\u00e9tique. Aux Etats Unis c\u2019est un nom presque aussi familier qu\u2019Einstein pour nous.<\/h4>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">Oui, mais tel que vous l\u2019\u00e9voquez, il appara\u00eet d\u2019abord comme un personnage de fiction.<\/h5>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Depuis que j\u2019ai commenc\u00e9 \u00e0 m\u2019approcher un peu de ce que je pouvais apprendre de sa vie, il m\u2019a sembl\u00e9 voir une sorte de parcours presque imaginaire. Et donc \u00e7a ne pouvait que me propulser un peu plus vers l\u2019invention. Dans les deux pr\u00e9c\u00e9dents livres, je me permettais d\u2019inventer ou d\u2019interpr\u00e9ter certaines choses, mais l\u00e0 je me rapproche de nouveau du roman.<\/h4>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">Vous l\u2019annonciez d\u00e9j\u00e0 vers la fin de \u00ab&nbsp;Courir&nbsp;\u00bb, avec la sc\u00e8ne mi r\u00e9elle mi l\u00e9gendaire d\u2019Emil Zatopek devenu \u00e9boueur, qui faisait chaque matin sa tourn\u00e9e dans les rues de Prague sous les applaudissements.<\/h5>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Oui, mais la sc\u00e8ne n\u2019\u00e9tait pas si fictionnelle que \u00e7a. La presse de l\u2019\u00e9poque l\u2019avait quand m\u00eame racont\u00e9e. En fait, il y en avait eu plusieurs r\u00e9cits. Ces entreprises-l\u00e0 ne sont pas d\u2019ordre biographique. Et m\u00eame si elles l\u2019\u00e9taient, la place de l\u2019interpr\u00e9tation reste toujours \u00e9norme. Dans \u00ab&nbsp;<strong>Ravel<\/strong>&nbsp;\u00bb, j\u2019\u00e9voque une rencontre entre Maurice Ravel et Joseph Conrad. Or il y en a trois versions possibles&nbsp;: ou bien elle n\u2019a jamais eu lieu, ou bien elle a eu lieu une fois, ou bien elle a eu lieu deux fois dont une en pr\u00e9sence de Val\u00e9ry. Ce sont des interpr\u00e9tations d\u2019un personnage. Ce n\u2019est pas du tout un propos d\u2019historien&nbsp;: je n\u2019ai ni le talent, ni l\u2019envie, ni la science pour effectuer un vrai travail de biographe. Je pr\u00e9f\u00e8re la fa\u00e7on de voir de Marcel Schwob par rapport aux vies.<\/h4>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">Si l\u2019on porte un regard r\u00e9trospectif depuis \u00ab&nbsp;Le m\u00e9ridien de Greenwich&nbsp;\u00bb, votre premier roman en 1979, on distingue des p\u00e9riodes successives dans votre travail.&nbsp;<\/h5>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Je dirai d\u2019abord que les trois derniers romans constituent une esp\u00e8ce de d\u00e9rivation. Jusqu\u2019alors tous mes r\u00e9cits \u00e9taient li\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9poque o\u00f9 je les \u00e9crivais. M\u00eame si le temps n\u2019\u00e9tait pas pr\u00e9cis\u00e9, on l\u2019identifiait. Apr\u00e8s \u00ab&nbsp;<strong>Au piano<\/strong>&nbsp;\u00bb, en 2003, j\u2019ai eu envie de trouver un nouvel angle et de faire pour la premi\u00e8re fois, disons pour parler vite, un roman en costume. Quelque chose qui se passerait dans l\u2019entre-deux-guerres, avec juste le passage de certaines images r\u00e9elles. Mais le personnage de Ravel m\u2019a vol\u00e9 le projet. Sinon oui, les premiers livres \u00e9taient des jeux sur les genres. Le dernier de la s\u00e9rie, \u00ab&nbsp;<strong>Nous trois<\/strong>&nbsp;\u00bb en 1992, a \u00e9t\u00e9 une sorte de condensation de deux projets&nbsp;: un film catastrophe et une esp\u00e8ce de roman de science fiction. Ensuite, avec \u00ab&nbsp;<strong>Les grandes blondes<\/strong>&nbsp;\u00bb, en 1995. j\u2019ai eu l\u2019impression de recommencer et d\u2019\u00e9crire un deuxi\u00e8me premier roman.<\/h4>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">Dans votre premi\u00e8re p\u00e9riode, il y a effectivement des marqueurs d\u2019\u00e9poque qui sont tr\u00e8s forts. Ce qui est certainement d\u00fb \u00e0 la pr\u00e9sence des objets. Or ceux-ci ont eu tendance \u00e0 reculer \u00e0 l\u2019horizon de vos r\u00e9cits.<\/h5>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Les objets, c\u2019\u00e9taient des marqueurs temporels. On les a moins vus ensuite. Mais dans \u00ab&nbsp;<strong>Des \u00e9clairs<\/strong>&nbsp;\u00bb ils sont revenus. Parce que \u00e7a me pla\u00eet toujours beaucoup de travailler sur de la mati\u00e8re. Alors c\u2019est vrai qu\u2019au d\u00e9but, c\u2019\u00e9taient peut-\u00eatre encore des marques de souvenirs robbe-grilletiens. M\u00eame si Robbe-Grillet n\u2019a pas \u00e9norm\u00e9ment compt\u00e9 pour moi,&nbsp; \u00ab&nbsp;<strong>Les Gommes<\/strong>&nbsp;\u00bb m\u2019avaient marqu\u00e9 autant que \u00ab&nbsp;<strong>La modification<\/strong>&nbsp;\u00bb. L\u00e0 il y avait le travail de Butor sur le temps. C\u2019\u00e9taient des moments de lecture assez forts. Et puis le temps passe et \u00e7a se r\u00e9organise.<\/h4>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">Tout ce qui \u00e9tait auparavant extr\u00eamement visible continue d\u2019\u00eatre op\u00e9ratoire, mais d\u2019une mani\u00e8re plus masqu\u00e9e&nbsp;: le lieu de l\u2019action reste bien la phrase, comme vous l\u2019\u00e9nonciez il y a vingt ans de cela&nbsp;?<\/h5>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Pour moi, \u00e7a reste l\u2019unit\u00e9 centrale. Ce dont je me suis rendu compte a posteriori, de fa\u00e7on mi consciente mi inconsciente, c\u2019est que dans les trois livres qui constituent cette petite suite les phrases n\u2019\u00e9taient pas les m\u00eames. Et qu\u2019en fait, \u00e7a ne pouvait pas \u00eatre d\u00e9lib\u00e9r\u00e9, dans la mesure o\u00f9 je ne raisonnais pas chaque fois en fonction des deux autres livres. Mais je me suis rendu compte apr\u00e8s \u00ab&nbsp;<strong>Courir<\/strong>&nbsp;\u00bb qu\u2019on n\u2019\u00e9crivait pas sur Emil Zatopek comme sur Maurice Ravel. Parce qu\u2019il y avait des rythmes qui s\u2019imposaient par rapport aux personnages, aux situations\u2026 Et ce troisi\u00e8me livre, \u00e0 la relecture, est encore diff\u00e9rent. L\u2019autre jour je devais en lire un petit extrait et je me suis rendu compte que je ne pouvais pas m\u2019y prendre, dans la lecture articul\u00e9e, de la m\u00eame fa\u00e7on que pour lire des extraits de \u00ab&nbsp;<strong>Courir<\/strong>&nbsp;\u00bb. Comme si chaque personnage impliquait une rythmique particuli\u00e8re et devenait indirectement l\u2019auteur du livre. Dans la mesure o\u00f9 il induit une exposition spatiale et sonore diff\u00e9rente.&nbsp;<\/h4>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">Cela para\u00eet \u00e0 peu pr\u00e8s \u00e9vident s\u2019agissant de Ravel et Zatopek. Avec Tesla, c\u2019est quand m\u00eame plus complexe.<\/h5>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Oui, Tesla, comme je vous l\u2019ai dit tout \u00e0 l\u2019heure, me permettait, ou m\u2019imposait, une esp\u00e8ce de libert\u00e9 de d\u00e9rivation dans les phrases. Avec lui l\u2019espace \u00e9tait plus vaste que celui qui m\u2019\u00e9tait autoris\u00e9 dans \u00ab&nbsp;<strong>Courir<\/strong>&nbsp;\u00bb. Or je suis dans un moment o\u00f9 j\u2019ai envie de revenir \u00e0 la fiction. En m\u00eame temps je n\u2019ai pas envie de faire retour \u00e0 la forme romanesque telle qu\u2019elle avait \u00e9volu\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 \u00ab&nbsp;<strong>Au piano<\/strong>&nbsp;\u00bb. C\u2019est un peu solennel de parler comme \u00e7a, mais je cherche un nouvel espace. <strong>&nbsp;<\/strong><\/h4>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">Avec les deux m\u00eames constantes&nbsp;: le travail sur les pronoms personnels et celui sur les temps&nbsp;?<\/h5>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ce sont des donn\u00e9es qui s\u2019imposent chaque fois. Les pronoms personnels comme cam\u00e9ras et les temps comme bo\u00eete de vitesse. Sauf que, pour la suite de trois vies, je me suis rendu compte que la narration ne pouvait se faire qu\u2019au pr\u00e9sent. Ce qui est quand m\u00eame, d\u2019une certaine mani\u00e8re, assez r\u00e9ducteur. Quand on travaille sur le pass\u00e9 on a au moins quatre ou cinq temps verbaux, avec lesquels on peut jouer. Mais c\u2019est le pr\u00e9sent, qui n\u2019est pas le temps le plus rapide -le temps le plus rapide, c\u2019est le pass\u00e9 compos\u00e9, le temps du fait divers-, qui s\u2019est impos\u00e9 pour les trois livres. Parce qu\u2019il fallait rester dans une esp\u00e8ce d\u2019instantan\u00e9. Alors que le roman comme fiction impose moins cette n\u00e9cessit\u00e9 de l\u2019instantan\u00e9. L\u00e0, c\u2019\u00e9tait \u00e0 partir de supports r\u00e9els, m\u00eame si je m\u2019autorisais des divagations. Du coup la bo\u00eete de vitesses est ici mono-temporelle. &nbsp;&nbsp;<\/h4>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">Entretien r\u00e9alis\u00e9 par Jean-Claude Lebrun<\/h5>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">\u00ab&nbsp;<strong>Des \u00e9clairs<\/strong>&nbsp;\u00bb, de Jean Echenoz, Les Editions de Minuit, 176 pages, 14,50 euros.<\/h5>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Nikola Tesla&nbsp;(1856-1943) fut un ing\u00e9nieur am\u00e9ricain d\u2019origine serbe. On le consid\u00e8re comme l\u2019un des plus grands inventeurs dans le domaine de l\u2019\u00e9lectricit\u00e9. Il d\u00e9posa au long de sa carri\u00e8re plus de sept-cents brevets. C\u2019est autour de cette figure de scientifique que Jean Echenoz compose le dernier morceau d\u2019une \u00ab&nbsp;<em>suite de trois vies<\/em>&nbsp;\u00bb. Dans son roman il l\u2019appelle Gregor.<\/h4>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ce changement de pr\u00e9nom n\u2019est pas insignifiant&nbsp;: si l\u2019\u00e9crivain se r\u00e9f\u00e8re \u00e0 des repaires biographiques attest\u00e9s, il reprend aussi une libert\u00e9 d\u2019imagination et d\u2019invention qui n\u2019apparaissait qu\u2019\u00e9pisodiquement dans \u00ab&nbsp;<strong>Courir<\/strong>&nbsp;\u00bb (2008), \u00e0 propos d\u2019Emil Zatopek, et plus rarement encore dans \u00ab&nbsp;<strong>Ravel<\/strong>&nbsp;\u00bb (2006), la pi\u00e8ce initiale de l\u2019ensemble. \u00ab&nbsp;<strong>Des \u00e9clairs<\/strong>&nbsp;\u00bb marque un clair retour du romanesque dans une \u0153uvre qui s\u2019\u00e9tait essay\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9criture command\u00e9e par la contrainte biographique. Voici donc Jean Echenoz sur les traces de ce Gregor, certes inventeur de \u00ab&nbsp;<em>tout ce qui va \u00eatre utile aux si\u00e8cles \u00e0 venir<\/em>&nbsp;\u00bb, mais qui poss\u00e8de le g\u00e9nie rare de se faire perp\u00e9tuellement rouler en affaires. On d\u00e9couvre l\u2019incroyable destin\u00e9e du personnage, qu\u2019on dirait tir\u00e9e d\u2019un roman feuilleton, avec l\u2019ascension, la chute et une multitude d\u2019intrigues secondaires. Sur ce terrain, l\u2019auteur se retrouve dans son \u00e9l\u00e9ment. Multipliant les angles de vue, intervenant de diverses mani\u00e8res dans le r\u00e9cit, cr\u00e9ant des s\u00e9quences de la vie intime de Gregor. Avec sans cesse un \u0153il sur les imm\u00e9diats arri\u00e8re-plans&nbsp;: l\u2019immigration, l\u2019Am\u00e9rique, les mesquineries de la communaut\u00e9 scientifique, les attentions tr\u00e8s int\u00e9ress\u00e9es de la finance et de l\u2019industrie, les convulsions du monde\u2026 Et, par-dessus tout, cette tonalit\u00e9 purement \u00e9chenozienne pour saisir mine de rien les airs du temps.&nbsp;<\/h4>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">J.-C. L.<\/h5>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La parution d\u2019un roman de Jean Echenoz est toujours un \u00e9v\u00e9nement. Le laur\u00e9at du prix Goncourt 1999 s\u2019est affirm\u00e9 depuis longtemps comme l\u2019une des r\u00e9f\u00e9rences essentielles dans le paysage litt\u00e9raire. Il \u00e9voque ici son cheminement et le nouvel \u00e9lan qu\u2019il veut donner \u00e0 son \u00e9criture. 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